Vos candidats : Samia Leguet, candidate n°12

Installée à Echternach depuis plus de vingt-six ans, elle a construit au Luxembourg une vie ancrée dans l’engagement, l’ouverture internationale et la proximité avec la nature. Professionnellement investie dans une ONG de développement, elle porte un regard singulier sur la France, le Grand-Duché et la place des Français établis à l’étranger. Rencontre avec une femme pour qui solidarité, lien social et transmission sont au cœur de chaque démarche.

Pour commencer, peux-tu dresser ton portrait en quelques mots, à travers ta vie au Luxembourg ?

Depuis vingt-six ans, Echternach est mon ancrage, le lieu où j’ai construit mes repères. La marche et la photographie accompagnent mon quotidien : marcher pour entrer dans un paysage, photographier pour en révéler l’âme. La Petite Suisse et le Mullerthal sont ainsi devenus les paysages qui m’inspirent le plus au Luxembourg. Dans ma vie professionnelle, je suis Project Manager dans une ONG de développement, un métier à impact social qui mêle engagement concret, coopération internationale et travail collectif. Je me vois encore longtemps au Luxembourg, tout en restant profondément connectée à la France grâce à ma famille, mes amis, l’actualité et mes retours réguliers.

Qu’est ce qui t’a amené à t’engager pour les élections consulaires de 2026, et comment conçois-tu la représentation politique hors de France et le rôle d’un conseiller ?

Mon engagement politique est né en 2017, au moment où j’ai senti que le simple rôle d’électrice ne me suffisait plus. J’avais envie d’agir, de m’impliquer concrètement. C’est en m’engageant que j’ai découvert les Français du Luxembourg : une communauté riche, diverse, vivante — mais souvent méconnue depuis la France. Ce décalage m’a donné l’élan pour aller plus loin : créer du lien, soutenir des initiatives utiles et contribuer à un collectif qui a du sens. Je pense notamment au tissu associatif, qui joue un rôle majeur. Il rassemble, soutient, anime et fait rayonner la culture française au Luxembourg. J’y vois des femmes et des hommes qui donnent de leur temps avec une énergie incroyable, et qui font vivre notre communauté au quotidien. Leur engagement mérite d’être pleinement reconnu et valorisé, à la hauteur de ce qu’ils apportent.

La représentation politique des Français établis hors de France est essentielle. Vivre à l’étranger implique des réalités administratives, sociales et économiques spécifiques. Dans ce contexte, disposer d’élus capables de défendre nos intérêts est indispensable pour que nos besoins ne se diluent pas dans les priorités nationales. Pour moi, un conseiller des Français de l’étranger doit être à la fois représentant, médiateur et facilitateur, capable de relier les réalités locales aux institutions françaises et de faire remonter les préoccupations du terrain.

Avec ton regard de Française installée au Luxembourg, quels sont les atouts qui font la force du Grand-Duché, comment tu décrirais les différences les plus marquantes entre les deux pays et ce que la France pourrait en retenir ?

Les atouts du Luxembourg, je les ressens chaque jour : la stabilité, le multiculturalisme, la simplicité du quotidien. Et surtout, une qualité de vie qui me correspond profondément : la nature à deux pas, des infrastructures bien pensées, un équilibre qui me permet de me sentir vraiment bien ici. Cette fluidité du quotidien est l’une des grandes forces du Luxembourg. Sa taille, l’organisation des services, la diversité culturelle créent un climat apaisé où les démarches sont simples et la cohabitation naturelle. 

Il est toujours délicat de s’exprimer quand on ne vit plus le quotidien d’un pays. Pourtant, la distance ne m’éloigne pas : elle m’oblige au contraire à observer autrement, avec un mélange d’attachement et de recul. Ici, je me suis habituée à une stabilité économique, politique et sociale qui fait partie du quotidien, et cette expérience influence naturellement ma manière de percevoir ce qui se passe de l’autre côté de la frontière.

Ce vécu au Luxembourg m’invite aussi à réfléchir à des solutions concrètes pour améliorer la vie des Français. Il y a dix ans, je citais la retenue à la source comme exemple ; elle a fini par voir le jour. Aujourd’hui, trois sujets me semblent particulièrement essentiels : la simplification de l’administration, l’amélioration de la qualité et de la circulation de l’information — dans un monde où il devient parfois difficile de distinguer le vrai du faux — ainsi que la nécessité de rapprocher les services publics des citoyens.

Depuis le Luxembourg, comment perçois-tu la situation politique actuelle en France et la façon dont elle résonne pour toi à distance ?

Depuis que je vis à l’étranger, la situation politique en France ne me touche plus de la même manière. La distance crée un contraste étrange : d’un côté, mon quotidien est apaisé, stable, plus délicat ; de l’autre, j’observe un débat public français qui me paraît d’une intensité parfois déroutante. Ce qui me frappe le plus, c’est la façon dont les discussions politiques s’expriment aujourd’hui. Tout semble aller trop vite. L’information défile sans pause, les réseaux sociaux imposent des réactions immédiates, et cette course permanente finit par durcir les échanges, jusqu’à crisper le débat.

Certains comportements publics me paraissent aussi plus marquants, comme si certains excès étaient devenus presque ordinaires. Les voix les plus bruyantes prennent toute la place, et la nuance, elle, disparaît dans le vacarme. On laisse de moins en moins d’espace à la réflexion, à la complexité, à l’écoute — des choses auxquelles je suis devenue encore plus sensible en vivant au Luxembourg.

Et pourtant, malgré cette agitation, je reste profondément attachée à l’idée que la France porte en elle une vraie culture du dialogue. Je ne crois pas qu’elle ait disparu. Elle est simplement moins audible en ce moment, étouffée par le tumulte. Mais je suis convaincue qu’elle existe toujours, et j’espère qu’elle pourra retrouver toute sa place le plus rapidement possible.

Avant de conclure, y a-t-il un point ou un message final que tu aimerais ajouter, quelque chose qui te tient à cœur et que nous n’avons pas encore abordé 

Avant de conclure, il y a un message qui me tient particulièrement à cœur : celui de l’Europe. Depuis l’étranger, je mesure encore davantage ce qu’elle représente. L’Europe n’est pas seulement un cadre institutionnel ou un marché commun ; elle est le choix historique de nations longtemps rivales de construire ensemble plutôt que de s’affronter. C’est un projet exigeant, parfois bousculé, mais profondément précieux.

Dans un monde où les repères semblent vaciller, où les tensions ressurgissent et où certains s’accrochent à des visions figées du passé, l’Europe propose un autre chemin. Elle mise sur la coopération plutôt que sur la confrontation, sur la mise en commun plutôt que sur la division. Ce n’est pas toujours simple, ni parfait, mais c’est une ambition rare : celle de protéger la paix, de défendre les droits, de garantir la liberté de circuler, d’étudier, de travailler, de vivre ensemble.

Depuis le Luxembourg, je vois chaque jour ce que cela signifie concrètement : des frontières qui s’effacent, des cultures qui se rencontrent, des économies qui se renforcent mutuellement. Cette réalité européenne fait partie de mon quotidien, et elle nourrit ma conviction qu’elle reste l’un des plus beaux projets collectifs de notre époque.

Et puis, il y a la jeunesse. C’est à elle que reviendra la responsabilité de préserver ce projet, de le réinventer, de le rendre plus juste et plus proche des citoyens. Elle devra corriger nos erreurs, raviver la solidarité, protéger nos différences et replacer l’humain au centre d’un monde interconnecté. C’est un défi immense, mais aussi une chance unique. L’Europe n’est pas un acquis : c’est un choix, un engagement, une volonté.

Et ce choix commence par un geste simple, mais essentiel : VOTER. Protégeons ce droit précieux, celui qui nous permet encore de décider de notre avenir.


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