Français du Luxembourg

Vos candidats : Adrien Bouillot candidat n°5

Adrien, 36 ans, est un Français installé au Luxembourg depuis 2024, où il vit avec sa famille à Differdange. Global Product Manager au sein d’un groupe industriel international, il allie expertise technique et passion pour l’innovation, notamment dans les domaines de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle. Ingénieur de formation, il a construit son parcours professionnel entre l’Asie, la France et le Luxembourg, développant une sensibilité aiguë aux enjeux des Français de l’étranger. Père de quatre enfants, il s’engage pour une communauté française dynamique au Luxembourg, où il souhaite mettre son expérience au service des défis concrets rencontrés par les expatriés : logement, scolarité, fiscalité et maintien du lien avec la France. Passionné de technologie, de géopolitique et de culture, il incarne une visio

Bonjour, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?

Adrien, 36 ans, marié et père de quatre enfants âgés de 2 à 12 ans. Nous vivons à Differdange, dans le sud du Luxembourg, depuis 2024. Je suis Global Product Manager au sein d’un groupe industriel international d’environ 2 500 collaborateurs, spécialisé dans les papiers techniques de spécialité, dont le siège européen est basé au Luxembourg. Je pilote un portefeuille de produits commercialisés sur les cinq continents, et j’y porte également la transformation numérique et le déploiement de l’intelligence artificielle.

Quelles sont tes passions et engagements ?

Ingénieur de formation, je suis passionné par les nouvelles technologies — particulièrement l’intelligence artificielle — et par leur impact concret dans le quotidien des gens : éducation, santé, travail, vie de famille. C’est un sujet que je vis aussi de l’intérieur, en tant que parent de quatre enfants qui grandiront dans un monde profondément transformé par ces outils. Au-delà de la technologie, je m’intéresse de près à la géopolitique, à l’économie et à l’histoire des grandes transitions — autant de grilles de lecture indispensables pour comprendre la place de la France et de l’Europe dans le monde qui vient.

Que fais-tu en dehors du travail ?

Avant tout, je profite de ma famille. Nous aimons découvrir le Luxembourg à pied, explorer ses sentiers, ses villages, ses musées, et profiter de la richesse culturelle de la Grande Région. Je pratique régulièrement la course à pied et la randonnée, et je suis passionné d’échecs – une discipline qui m’apprend chaque jour la patience et la rigueur stratégique.

Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivé à t’engager pour les Français établis à l’étranger ?

Diplômé ingénieur en télécommunications en 2012, j’ai commencé ma carrière en Asie du Sud-Est – Thaïlande puis Chine – dans le secteur de l’électronique et de la domotique. J’y ai appris à travailler dans des environnements multiculturels, loin des repères français, et j’en garde une ouverture qui ne m’a jamais quitté. Je suis rentré en France en 2014 comme analyste Business Intelligence, puis j’ai bifurqué vers le management de produit dans un grand groupe industriel français. Je me suis expatrié une première fois au Luxembourg en 2019, en tant que frontalier depuis la Belgique, puis une seconde fois en 2024, cette fois directement installé avec ma famille à Differdange.

Avoir vécu plusieurs relocations, dans des contextes culturels et administratifs très différents, m’a fait prendre la mesure de ce que représente, très concrètement, la vie d’un Français hors de France : la scolarité des enfants, la fiscalité, la couverture sociale, la reconnaissance des diplômes, la transmission de la langue et de la culture, le lien avec le pays. Ce sont des sujets que je connais de l’intérieur, et sur lesquels je veux pouvoir aider – d’abord en tant que relais de terrain, ensuite en contribuant à faire remonter les réalités vécues vers ceux qui décident à Paris.

Le tissu associatif à l’étranger est particulièrement dense, quelle est ta vision pour soutenir et mettre en avant ces initiatives locales ?

Le tissu associatif est, à mon sens, la véritable colonne vertébrale de la communauté française à l’étranger. Là où l’État est nécessairement à distance, ce sont les associations qui accueillent les nouveaux arrivants, qui organisent la vie culturelle, qui maintiennent vivante la langue française auprès des enfants, qui créent du lien entre générations et entre parcours. Ma conviction est qu’un élu doit être avant tout au service de ces structures : les écouter, leur donner de la visibilité, les mettre en réseau, les aider à accéder aux dispositifs de soutien existants – STAFE, IFCIL, partenariats consulaires – sans chercher à s’y substituer. Je crois aussi qu’il faut professionnaliser cette mise en relation : une cartographie claire et tenue à jour des associations actives au Luxembourg, des points de contact identifiés, et un effort réel pour faire connaître ces initiatives à ceux qui arrivent et qui, souvent, ignorent jusqu’à leur existence pendant des mois.

Que penses-tu de la représentation politique des Français établis hors de France ? Quel devrait être selon toi le rôle d’un conseiller des Français de l’étranger ?

Nous sommes près de 1,8 million de Français inscrits hors de France, et probablement bien plus en réalité. Notre représentation politique existe – députés, sénateurs, conseillers consulaires – mais elle reste mal connue, parfois mal comprise, et souvent perçue comme lointaine. Le premier devoir d’un élu des Français de l’étranger est, à mon sens, de combler cette distance : être visible, accessible, et utile au quotidien.

Concrètement, je vois trois rôles indissociables. D’abord, un rôle de relais administratif : aider à débloquer des situations individuelles, orienter vers les bons interlocuteurs, faire le lien avec le consulat, l’AEFE, la Caisse des Français de l’étranger. Ensuite, un rôle de porte-voix : faire remonter à Paris les sujets concrets – fiscalité, retraites, scolarité, accès aux services publics dématérialisés depuis l’étranger – qui structurent réellement nos vies. Enfin, un rôle d’animation : créer des occasions de rencontre, fédérer, et donner aux Français du Luxembourg le sentiment d’appartenir pleinement à une communauté nationale active. Un conseiller n’est ni un notable ni un commentateur : c’est un point de contact, et il doit assumer cette exigence de proximité.

Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ?

Le Luxembourg occupe une place très particulière. C’est l’un des pays au monde où la communauté française est, proportionnellement, je crois, la plus importante: environ 50 000 Français résidents, sans compter les dizaines de milliers de frontaliers qui traversent la frontière chaque jour. Cette densité crée des défis spécifiques.

Le premier défi est celui du logement et du pouvoir d’achat. Le Luxembourg offre des salaires attractifs, mais les prix de l’immobilier et le coût de la vie érodent rapidement cet avantage, en particulier pour les jeunes familles et les nouveaux arrivants. Le deuxième défi est celui de la scolarité : la demande dans les établissements français – Vauban en tête – dépasse largement l’offre, et de nombreuses familles se retrouvent sans solution claire pour leurs enfants, avec un système scolaire Luxembourgeois difficile d’accès. Le troisième défi est celui de la fiscalité et de la complexité administrative croisée entre la France et le Luxembourg, qui pèse particulièrement sur les frontaliers, les retraités et les détenteurs de produits d’épargne français. Enfin, il y a un défi plus diffus mais bien réel : celui du lien avec la France, de la transmission aux enfants nés ici, et de la lutte contre le sentiment d’éloignement progressif vis-à-vis du pays d’origine.

Quelles différences fondamentales vois-tu entre le Luxembourg et la France ? À quelles choses positives penses-tu et dont la France devrait davantage s’inspirer ?

Le Luxembourg est un pays pragmatique, profondément multilingue, et habitué à composer avec sa petite taille en faisant de l’ouverture une force plutôt qu’une contrainte. Ce qui frappe, en y vivant, c’est la simplicité du dialogue entre l’administration, les entreprises et les citoyens : les décisions s’y prennent vite, les interlocuteurs sont accessibles, et la culture du compromis prévaut largement sur la culture du conflit. Le multilinguisme assumé dès l’école – luxembourgeois, allemand, français, et désormais anglais – roduit des citoyens à l’aise dans plusieurs cultures, ce qui est un atout économique et humain considérable. La France gagnerait, je le crois sincèrement, à s’inspirer de cette efficacité administrative, de cette confiance par défaut accordée à l’usager, et de cette ambition linguistique précoce. À l’inverse, la France conserve une profondeur culturelle, scientifique et institutionnelle que peu de pays au monde possèdent – et c’est précisément cet héritage que nous devons faire vivre depuis l’étranger.

Quels sont les atouts du Luxembourg ?

Sa stabilité, d’abord – politique, économique, sociale. Sa position au cœur de l’Europe, qui en fait une porte d’entrée naturelle vers Bruxelles, Francfort, Strasbourg et Paris. Son ouverture internationale, avec une population dont près de la moitié n’est pas luxembourgeoise, et une économie résolument tournée vers l’extérieur. Son écosystème financier et technologique de premier plan. Et, plus discrètement mais pas moins important, une qualité de vie réelle : sécurité, nature préservée, services publics qui fonctionnent, et une taille humaine qui permet de concilier ambition professionnelle et vie de famille.

Quels sont tes lieux favoris au Luxembourg ?

J’ai un attachement particulier au Mullerthal – la « petite Suisse luxembourgeoise » — pour ses sentiers, ses gorges et ses paysages qui changent à chaque saison. La vieille ville de Luxembourg, classée à l’UNESCO, reste une découverte permanente : les casemates, le chemin de la Corniche, le Grund au crépuscule. J’aime aussi beaucoup la région des trois frontières autour de Schengen, chargée de symbole pour tout Européen convaincu, et plus près de chez nous, les anciens sites sidérurgiques d’Esch-Belval, qui racontent à eux seuls la transformation du pays.

Comment imagines-tu ta vie dans le futur, au Luxembourg, ailleurs ?

À court et moyen terme, mon avenir et celui de ma famille sont au Luxembourg. Mes enfants y grandissent, y construisent leurs amitiés et leurs repères, et nous avons fait le choix conscient de nous y enraciner. À plus long terme, je reste fidèle à ma trajectoire internationale : j’aime profondément l’Asie, où j’ai commencé ma carrière, et je n’exclus pas un nouveau chapitre de ce côté du monde, le moment venu, lorsque la situation familiale s’y prêtera. Mais où que la vie nous mène, je sais que mon attachement à la France et à l’engagement auprès des Français de l’étranger restera intact – c’est précisément ce qui donne du sens à une vie d’expatriation longue.

D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?

La France traverse une séquence politique exigeante, marquée par une fragmentation parlementaire inédite sous la Ve République et par un climat social tendu. Vue depuis l’étranger, cette situation est parfois caricaturée, et il faut résister à la facilité du commentaire à distance. Je crois profondément à la voie portée par Renaissance et la majorité présidentielle : celle d’un réformisme pragmatique, pro-européen, attaché au travail, à l’innovation et à la responsabilité. C’est une voie de crête, exigeante, qui refuse les simplifications extrêmes et qui assume la complexité du réel. Les Français de l’étranger ont, je crois, un rôle particulier à jouer dans ce moment : nous voyons chaque jour, dans nos pays d’accueil, ce que produisent les politiques publiques quand elles sont stables, lisibles et tournées vers l’avenir, et nous pouvons en témoigner utilement.

Enfin, en tant que Français de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?

Par la presse, d’abord : je suis quotidiennement l’actualité française, à travers plusieurs sources, pour garder une vision contradictoire et nuancée. Par la famille et les amis restés en France, que nous voyons régulièrement. Par la culture : livres, podcasts, cinéma français, que je tiens à transmettre à mes enfants au même titre que les langues que nous parlons à la maison. Et bien sûr par le vote, à chaque échéance, parce que c’est le geste le plus concret par lequel un Français de l’étranger affirme qu’il appartient pleinement à la communauté nationale. M’engager sur cette liste prolonge naturellement cette démarche : passer du lien individuel à un engagement collectif.

Autres choses à rajouter ?

Je veux simplement dire que je m’engage avec humilité, conscient de rejoindre une équipe portée par des personnalités d’expérience, et avec l’envie d’y apporter ce que je suis : un profil de terrain, ingénieur et chef de produit, multilingue, père de famille installé durablement au Luxembourg, et profondément attaché aux valeurs européennes et réformistes que défend Renaissance. Je crois que la force d’une liste tient à la complémentarité de ses parcours –  et c’est dans cet esprit que je souhaite contribuer, durablement, à la représentation des Français du Luxembourg.

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