
Figure engagée du paysage franco-luxembourgeois, Christophe Déage mène depuis plusieurs années des actions à la croisée du patrimoine, de l’Europe, de la défense et de l’engagement associatif. Président de LH Europe–Grand-Château d’Ansembourg, il défend une vision fondée sur la coopération, la durabilité et le dialogue. Rencontre.
Bonjour, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?
J’habite à Ansembourg.
Je suis Président de LH Europe–Grand-Château d’Ansembourg, une société qui développe des projets patrimoniaux, culturels et institutionnels à vocation européenne et internationale. J’exerce également plusieurs fonctions de conseil et de direction à l’échelle européenne, notamment comme Expert pour la Grande Région – Luxembourg, Sarre, Rhénanie-Palatinat, Grand Est et Wallonie-Bruxelles. Je suis aussi Vice-Président du Mouvement Européen (Luxembourg) et membre de la Fondation Jean Monnet pour l’Europe. À travers ces engagements, je contribue à structurer le dialogue sur les politiques publiques, à renforcer la coopération transfrontalière et à promouvoir une réflexion stratégique de long terme.
Quelles sont tes passions et engagements ?
Je suis également Président de Cœur Vert Luxembourg, une organisation engagée dans la promotion d’écosystèmes résilients et durables, notamment à travers des initiatives de reforestation en Europe et en Afrique.
En tant que Coordinateur du Chapitre Luxembourg de la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice, mes actions s’inscrivent dans une logique de développement éthique et durable, fondé sur la dignité humaine, le dialogue interculturel et le dialogue interreligieux. Mon engagement vise à répondre aux polycrises de notre époque, au service de la paix et de la cohésion sociale.
Que fais-tu en dehors du travail ?
Je suis lieutenant-colonel dans la Réserve citoyenne française, Président-auditeur de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) au Luxembourg, Vice-Président de la Société des Officiers Français au Luxembourg et administrateur d’EuroDéfense Luxembourg. Ces engagements me permettent de contribuer à une meilleure compréhension des enjeux de défense, de sécurité et de souveraineté européenne.
Je suis aussi membre du conseil d’administration de La Renaissance française, une association internationale reconnue d’utilité publique, où je soutiens la protection du patrimoine culturel et naturel, la francophonie et le dialogue culturel, notamment à travers des partenariats avec l’UNESCO.
Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivé à t’engager pour les Français établis à l’étranger ?
Suite naturelle de mes engagements. Mon parcours m’a conduit à travailler très tôt dans des environnements européens, transfrontaliers et institutionnels. Il m’a semblé évident de mettre cette expérience au service des Français établis à l’étranger, en particulier dans une circonscription comme celle du Luxembourg, où les enjeux de mobilité, de dialogue et de représentation sont essentiels.
Le tissu associatif à l’étranger est particulièrement dense : quelle est ta vision pour soutenir et mettre en avant ces initiatives locales ?
Il y a déjà Letz France, qui est une bonne initiative. De manière générale, la vitalité du tissu associatif au Luxembourg est un signe de la qualité de la résilience de la communauté française et luxembourgeoise. La résistance ukrainienne a montré à quel point la force du tissu social, de la solidarité et des communautés de vie peut devenir un levier décisif dans les moments de crise. C’est un exemple inspirant.
Que penses-tu de la représentation politique des Français établis hors de France ? Quel devrait être selon toi le rôle d’un conseiller des Français de l’étranger ?
Un conseiller des Français de l’étranger doit être une interface, un relais et un sensibilisateur. Il doit aussi susciter le dialogue, contribuer à surmonter les préjugés par la rencontre et créer du lien cordial entre les citoyens, les institutions et la communauté française locale.
Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ?
Le principal défi, à mes yeux, est celui du logement. C’est une préoccupation majeure pour les familles, les jeunes actifs et les nouveaux arrivants, et elle conditionne fortement l’installation durable au Luxembourg.
Quelles différences fondamentales vois-tu entre le Luxembourg et la France ? À quelles choses positives penses-tu que la France devrait davantage s’inspirer ?
Le Luxembourg se distingue par un sens des responsabilités collectives supérieur aux seuls intérêts partisans, par une vision de long terme et par un sens du compromis qui s’exprime avec simplicité. Ce sont, à mon sens, des qualités dont la France pourrait davantage s’inspirer pour renforcer son efficacité et sa cohésion.
Quels sont les atouts du Luxembourg ?
Le Festival des Migrations montre bien qu’un pays d’origine rurale a su intégrer un très grand nombre d’étrangers venus d’horizons divers et en faire une véritable force pour le pays. C’est l’un des grands atouts du Luxembourg : transformer la diversité en richesse collective.
Quels sont tes lieux favoris au Luxembourg ?
J’aime particulièrement Ansembourg, Bourscheid, Echternach et la Moselle. Ce sont des lieux qui reflètent à la fois la beauté du pays, son patrimoine et son ancrage dans une identité ouverte et européenne.
Comment imagines-tu ta vie dans le futur, au Luxembourg ou ailleurs ?
À voir. Mon engagement est profondément lié au Luxembourg et à l’espace européen, mais l’avenir dépendra aussi des opportunités et des responsabilités qui s’ouvriront.
D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?
Je la perçois comme fragmentée. Cette fragmentation complique la lisibilité de l’action publique et la capacité à porter une vision de long terme.
Enfin, en tant que Français de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?
Je garde surtout des attaches avec Lyon et Paris, qui restent pour moi des repères importants. Ce lien avec la France se nourrit aussi des échanges, des lectures et des réseaux humains que je continue d’entretenir.